Échelle de Likert : définition, exemples et bonnes pratiques

L'échelle de Likert mesure un degré d'accord ou d'attitude sur une série de choix ordonnés. Définition, exemples, bonnes pratiques et usage dans un questionnaire conversationnel.

Par Episto8 min de lecture
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L'échelle de Likert est un outil de mesure qui demande à un répondant d'exprimer son degré d'accord avec une affirmation, sur une série de choix ordonnés allant d'un pôle à l'autre. Développée par le psychologue Rensis Likert en 1932, elle reste l'un des formats de question les plus utilisés dans les enquêtes, des études de satisfaction aux baromètres d'image de marque. Bien construite, elle produit des données fiables et faciles à analyser ; mal construite, elle génère des réponses biaisées ou inexploitables. Cet article détaille sa définition, les exemples d'échelles les plus courants, le nombre de points à privilégier, la façon d'analyser les résultats, et son usage dans un questionnaire conversationnel.

Points clés à retenir

• L'échelle de Likert mesure un degré d'accord ou d'attitude sur une série de choix ordonnés, généralement en 5 ou 7 points.

• Elle a été créée par le psychologue Rensis Likert en 1932.

• L'échelle de satisfaction est l'une de ses applications les plus courantes, à ne pas confondre avec le NPS.

• Un point neutre central améliore la fiabilité de l'échelle, contrairement aux échelles à choix forcé.

Qu'est-ce qu'une échelle de Likert ?

Une échelle de Likert est un outil psychométrique qui mesure une attitude ou une opinion en demandant au répondant d'indiquer son degré d'accord avec une affirmation, sur une série de propositions ordonnées symétriquement autour d'un point central. Contrairement à une question fermée classique, elle ne se contente pas d'un oui ou d'un non : elle capture une intensité, du désaccord total à l'accord total.

D'où vient l'échelle de Likert ?

Ce format doit son nom au psychologue américain Rensis Likert, qui l'a développé en 1932 pour mesurer des attitudes de façon plus fine qu'un simple choix binaire. Près d'un siècle plus tard, c'est toujours l'un des formats de question les plus employés dans les études quantitatives, des enquêtes de satisfaction aux baromètres d'opinion.

Pourquoi utiliser une échelle de Likert plutôt qu'une question fermée classique ?

Une question fermée classique, du type « êtes-vous satisfait ? », ne renvoie que du oui ou du non : elle ne dit rien de l'intensité du sentiment. L'échelle de Likert capture cette intensité tout en restant rapide à répondre, bien plus rapide qu'une question ouverte qui demanderait au répondant de formuler sa réponse en mots. Elle produit aussi des données directement comparables : entre deux affirmations d'un même questionnaire, entre deux vagues d'une étude répétée, ou entre deux segments de répondants, ce qu'une réponse libre ne permet pas sans un travail d'analyse qualitative en amont.

Quels sont les exemples d'échelles de Likert les plus utilisés ?

L'échelle de Likert prend plusieurs formes selon ce qu'elle mesure : un accord, une fréquence, une probabilité ou une satisfaction. Le principe reste identique d'une variante à l'autre, seuls les libellés changent. Voici les quatre formes les plus courantes, avec un exemple de libellés en 5 points pour chacune :

Type d'échelleExemple de libellés (5 points)Usage typique
Échelle d'accordPas du tout d'accord · Plutôt pas d'accord · Ni en désaccord ni d'accord · Plutôt d'accord · Tout à fait d'accordMesurer l'adhésion à une affirmation
Échelle de satisfactionTrès insatisfait · Insatisfait · Neutre · Satisfait · Très satisfaitMesurer un niveau de satisfaction
Échelle de fréquenceJamais · Rarement · Parfois · Souvent · ToujoursMesurer un comportement ou un usage
Échelle de probabilitéTrès improbable · Improbable · Neutre · Probable · Très probableMesurer une intention (recommandation, réachat)

Combien de points faut-il choisir pour une échelle de Likert ?

Le format le plus répandu compte cinq points, avec un point neutre central qui permet au répondant de ne pas se positionner s'il n'a pas d'avis tranché. Les échelles à nombre pair de points, dites « à choix forcé », suppriment ce point neutre pour obliger le répondant à trancher — au risque de le pousser vers une réponse insincère. Les recherches les plus récentes sur le sujet suggèrent qu'un format à 7 ou 9 points offre une meilleure détection des réponses atypiques dans l'analyse statistique, au prix d'une échelle plus longue à parcourir pour le répondant. Le choix se fait donc en fonction de la finesse d'analyse recherchée et du temps de réponse acceptable.

Comment analyser les résultats d'une échelle de Likert ?

Chaque item peut être lu de deux façons complémentaires. La première consiste à regarder la distribution des réponses sur chaque point de l'échelle, ce qui montre la répartition réelle des opinions plutôt qu'un chiffre unique : sur une affirmation donnée, il est courant de constater par exemple que 65 % des répondants se disent d'accord ou tout à fait d'accord, contre 10 % en désaccord et 25 % neutres, une nuance qu'une moyenne unique masquerait. La seconde consiste à convertir chaque point en une valeur numérique pour calculer une moyenne ou une note de synthèse, plus rapide à comparer entre plusieurs items ou plusieurs vagues d'enquête — au prix d'un débat statistique sur la légitimité de moyenner une échelle par nature ordinale plutôt que continue. Une pratique courante entre les deux consiste à regrouper les deux réponses les plus favorables en un pourcentage synthétique, souvent appelé « top 2 box », pour comparer rapidement plusieurs affirmations entre elles.

Quelles sont les bonnes pratiques pour construire une échelle de Likert fiable ?

Une échelle bien construite repose sur quelques règles simples, souvent négligées.

  • La symétrie des libellés : autant de niveaux positifs que négatifs autour du point neutre, pour ne pas orienter la réponse vers un pôle plutôt qu'un autre.
  • Un libellé à chaque point de l'échelle, pas seulement aux deux extrémités, pour que chaque répondant l'interprète de la même façon plutôt que de deviner la valeur des points intermédiaires.
  • Une seule idée par affirmation : une question qui mélange deux sujets dans la même phrase (« le produit est agréable et facile à utiliser ») produit une réponse inexploitable dès que le répondant est d'accord sur un point et pas sur l'autre.
  • Le même nombre de points sur tout le questionnaire, pour comparer les résultats d'un item à l'autre sans biais de format lié à un changement d'échelle en cours de route.

Comment utiliser l'échelle de Likert dans un questionnaire conversationnel ?

Dans un questionnaire conversationnel, l'échelle de Likert ne prend pas la forme d'une grille ou d'une matrice à cocher, souvent le format le moins bien complété sur mobile. Elle se présente sous forme de choix de réponse cliquables directement dans le fil de la conversation, un par point de l'échelle, sans perdre la nuance d'intensité qui fait l'intérêt du format. Ce format s'intègre par exemple naturellement à la suite d'une question sur une expérience client, pour transformer un ressenti général en une donnée mesurable sans rompre le fil de la discussion. Le répondant garde la même richesse de réponse, avec une expérience mieux adaptée à la lecture sur smartphone.

Échelle de satisfaction et NPS : quelle différence avec l'échelle de Likert ?

L'échelle de satisfaction, une déclinaison directe de l'échelle de Likert en 5 points (« très insatisfait » à « très satisfait »), est l'une des applications les plus fréquentes de ce format dans une étude de satisfaction. Elle ne doit pas être confondue avec le Net Promoter Score : le NPS repose sur une échelle numérique de 0 à 10 qui mesure une intention de recommandation, alors que l'échelle de satisfaction Likert mesure un ressenti verbal sur un nombre de points plus restreint. Une étude de satisfaction client combine ainsi souvent les deux : une échelle de Likert en 5 points sur plusieurs critères précis du parcours, et une question NPS unique pour synthétiser la probabilité de recommandation globale.

Conclusion

L'échelle de Likert reste l'un des formats de question les plus fiables pour mesurer une attitude, à condition de respecter quelques règles simples : symétrie des libellés, cohérence du nombre de points sur tout le questionnaire, et une affirmation par question. Sur Episto, elle s'intègre naturellement dans un questionnaire conversationnel, sous une forme adaptée au mobile qui n'a rien perdu de sa finesse de mesure.

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FAQ — Vos questions sur l'échelle de Likert

Qu'est-ce qu'une échelle de Likert ?

Une échelle de Likert est un outil de mesure qui demande à un répondant d'exprimer son degré d'accord avec une affirmation, sur une série de choix ordonnés allant du désaccord total à l'accord total. Développée par le psychologue Rensis Likert en 1932, elle reste l'un des formats de question les plus utilisés dans les enquêtes quantitatives.

Combien de points doit comporter une échelle de Likert ?

Le format le plus courant compte cinq points, avec un point neutre central. Les échelles à choix forcé, en nombre pair, suppriment ce point neutre pour obliger à trancher. Les recherches récentes suggèrent qu'un format à 7 ou 9 points améliore la détection des réponses atypiques, au prix d'une échelle plus longue.

Quelle est la différence entre l'échelle de Likert et le NPS ?

L'échelle de Likert mesure un degré d'accord ou de satisfaction sur une échelle verbale de 5 à 9 points. Le NPS mesure une intention de recommandation sur une échelle numérique de 0 à 10. Les deux répondent à des questions différentes et se complètent souvent dans un même questionnaire plutôt que de se remplacer.

Comment analyser les résultats d'une échelle de Likert ?

Deux lectures se complètent : la distribution des réponses sur chaque point de l'échelle, qui montre la répartition réelle des opinions, et une moyenne ou un pourcentage de réponses favorables (« top 2 box »), plus rapide à comparer entre plusieurs items ou plusieurs vagues d'enquête.

Faut-il inclure un point neutre dans une échelle de Likert ?

Oui, dans la plupart des cas : le point neutre central permet à un répondant sans avis tranché de répondre sincèrement, ce qui améliore la fiabilité des données. Le retirer, en optant pour un nombre pair de points, force une réponse mais peut aussi produire des réponses insincères par défaut.

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